N’ayant pas reçu directement la lettre de messieurs Robert et Talbot, nous ne savons pas si elle s’adressait à l’ensemble de notre communauté enseignante ou seulement aux directeurs d’école. Magnanimes, nous considèrerons qu’elle était destinée à tous. De là cette réponse.
La claire manifestation de votre plus profond désaccord avec la lettre adressée à Mme Albanel, ministre de la Culture et de la Communication suite à la première assemblée générale de l’école d’art de Toulouse et la teneur propre de votre lettre nous conforte dans notre refus premier « de cautionner une réforme qui s’inscrit dans une logique de compétition pour nous déposséder d’une tradition et de formes de travail » qui sont éprouvées. Entendez-nous bien, nous ne refusons pas de les rendre meilleures, ce que nous refusons, c’est l’excellence et nous la refusons parce que nous savons à quoi elle conduit. L’excellence pour peu que le discours la mette en avant conduit toujours au pire, précisément des formes concrètes de ségrégation, c’est-à-dire, tout le contraire des formes concrètes de solidarité que nécessite le lien social.
Vous « croyez » partager avec nous tous «une conception de l’enseignement artistique affirmant son irréductible identité et originalité par rapport à l’enseignement universitaire ». Détrompez-vous. Il nous faut déciller vos yeux comme il nous faut déboucher vos oreilles ; mieux encore, il nous faut écarter le procédé rhétorique qui consiste à nous faire « croire », nous, que nous parlons la même langue. Merci, cependant, d’admettre au passage, vous ne pouviez pas moins, « l’irréductible et originale identité » de l’enseignement artistique. Le rapport de l’AERES lui-même n’a pas pu faire moins, mais il ne l’a fait comme vous le faîtes vous que pour mieux balayer cette reconnaissance.
Vous vous dites par ailleurs, aussi convaincus que vous vous faites croyants, que « dans le contexte actuel, le meilleur moyen de préserver ce à quoi nous sommes fondamentalement attachés, passe par une acceptation claire du “processus de Bologne”». Bien qu’il réponde de la stratégie de l’OMC concernant la mobilité de la main d’œuvre (cf. « le traité de Lisbonne »), sur quoi vous vous taisez, « le processus de Bologne » se prête, il est vrai, à plus d’une mise en application et il y en a autant qu’il y a de pays européens. Ce qui ouvre la porte à des négociations serrées avec nos tutelles pour que nos diplômes soient reconnus à partir de la spécificité qu’ils font valoir et non à partir de critères qui ne sont pas les leurs et des terminologies et autres méthodologies qui proviennent d’autres savoirs. Selon l’expression de l’un d’entre nous, nous sommes des « geais », pas des « paons », alors pourquoi nous ferions nous passer pour des « paons » ? Pour pouvoir ajouter un titre en Majuscule à des carnets d’adresses bien en vue ?
Consternés par l’allégeance outrancière que vous manifestez envers une commission dont, pour vous emprunter un terme que vous affectionnez, il est « clair » malgré vous que son rapport est envers nous tous méprisant, nous refusons d’autant plus fort les critères de l’« évaluation prescriptive » de l’AERES que nous l’avons sans doute permis pour avoir cru que nous étions, s’agissant de notre tutelle, en présence d’interlocuteurs.
Toulouse, le 2009-03-20
Les enseignants de l’école territoriale de Toulouse
La claire manifestation de votre plus profond désaccord avec la lettre adressée à Mme Albanel, ministre de la Culture et de la Communication suite à la première assemblée générale de l’école d’art de Toulouse et la teneur propre de votre lettre nous conforte dans notre refus premier « de cautionner une réforme qui s’inscrit dans une logique de compétition pour nous déposséder d’une tradition et de formes de travail » qui sont éprouvées. Entendez-nous bien, nous ne refusons pas de les rendre meilleures, ce que nous refusons, c’est l’excellence et nous la refusons parce que nous savons à quoi elle conduit. L’excellence pour peu que le discours la mette en avant conduit toujours au pire, précisément des formes concrètes de ségrégation, c’est-à-dire, tout le contraire des formes concrètes de solidarité que nécessite le lien social.
Vous « croyez » partager avec nous tous «une conception de l’enseignement artistique affirmant son irréductible identité et originalité par rapport à l’enseignement universitaire ». Détrompez-vous. Il nous faut déciller vos yeux comme il nous faut déboucher vos oreilles ; mieux encore, il nous faut écarter le procédé rhétorique qui consiste à nous faire « croire », nous, que nous parlons la même langue. Merci, cependant, d’admettre au passage, vous ne pouviez pas moins, « l’irréductible et originale identité » de l’enseignement artistique. Le rapport de l’AERES lui-même n’a pas pu faire moins, mais il ne l’a fait comme vous le faîtes vous que pour mieux balayer cette reconnaissance.
Vous vous dites par ailleurs, aussi convaincus que vous vous faites croyants, que « dans le contexte actuel, le meilleur moyen de préserver ce à quoi nous sommes fondamentalement attachés, passe par une acceptation claire du “processus de Bologne”». Bien qu’il réponde de la stratégie de l’OMC concernant la mobilité de la main d’œuvre (cf. « le traité de Lisbonne »), sur quoi vous vous taisez, « le processus de Bologne » se prête, il est vrai, à plus d’une mise en application et il y en a autant qu’il y a de pays européens. Ce qui ouvre la porte à des négociations serrées avec nos tutelles pour que nos diplômes soient reconnus à partir de la spécificité qu’ils font valoir et non à partir de critères qui ne sont pas les leurs et des terminologies et autres méthodologies qui proviennent d’autres savoirs. Selon l’expression de l’un d’entre nous, nous sommes des « geais », pas des « paons », alors pourquoi nous ferions nous passer pour des « paons » ? Pour pouvoir ajouter un titre en Majuscule à des carnets d’adresses bien en vue ?
Consternés par l’allégeance outrancière que vous manifestez envers une commission dont, pour vous emprunter un terme que vous affectionnez, il est « clair » malgré vous que son rapport est envers nous tous méprisant, nous refusons d’autant plus fort les critères de l’« évaluation prescriptive » de l’AERES que nous l’avons sans doute permis pour avoir cru que nous étions, s’agissant de notre tutelle, en présence d’interlocuteurs.
Toulouse, le 2009-03-20
Les enseignants de l’école territoriale de Toulouse




